Pour faciliter l’appellation, je veux appeler mon compagnon « Monsieur. Y» à la suite.
Monsieur Y est en fait né à Alger, et il admet que c’est pour ça que je l’attire au tout début : un Chinois qui travaille à Alger = deux choses qu’il aiment sont combinées en une.
De ma part, je ne sais pas pourquoi je sors avec lui. Et oui, peut-être c’est parce que je me suis ennuyé à l’hôtel. Mais à part ça, je ne sais pas du tout.
Certe, il est mignon, je ne perderai rien. Mais je me pose la question que tout les garçons de bon sens vont s’appercevoir :En tant d’un diplomate qui se déplace tout le temps, il pourrait garder
une relation durable, ou bien il n’a pas envie de s’installer ?
Quand cette question se tourne dans la tête du petit démon, mon interlocuteur a presque fini raconter sa vie avant ce soir : Son premier copain est un Tunisien qu’il connais en Angleterre. D’après
Monsieur. Y, il a un sale caractère. Et à la fin de cette première relation sérieuse (et la dernière), il a abandonné Monsieur. Y pour un autre mec. Et ensuite, Monsieur.Y a accepté ce travail
diplomatique qui le fait voyager autour du monde. Il a presque visité tous les pays asiatiques et il a fait de nombreuses aventures partout.
- Les asiatiques sont mon type, me dit-il.
Et quand je lui demande des choses sur son dernier copain chinois. Il m’a dit tout simplement que son copain est d’origine de Dalian, une ville chinoise propre et joile au bord de la mer au nord de
la Chine.
- Tu ne pense pas à le pacser ? Je lui taquine. Comment tu vois l’avenir pour vous deux ?
Alors, Monsieur.Y me dit qu’il va quitter la Chine dans trois mois, et son copain se content de rester ici en Chine.
- Il a sa famille, son travail ici. Et il ne veux les quitter, enchaîne-t-il en regardant sombrement les plats sur la table.
- Ben... juste mon opinion, mais... je ne vois pas un avenir pour vous les deux. En disant, je lui passe hypocritement un sourir inquiété, comme si je m’inquiète pour un garçon chinois anonyme et
inconnu qui va rompre avec son copain français.
Soudain, je me sens un peu rattrapé dans cette compétiton « qui est le premier à pacser avec un diplomate français ? ». C’est salaud, je le sais : mon moral était monté par la rupture d’un couple
sino-français.
Pourtant, je laisse échapper aucun air de cette excitation intérieure qui crie « Damn, c’est bien d’apprendre la tragédie des autres !!! » et continue à le regarder tendrement.
La sonnerie de son portalbe met brusquement la fin à ce sujet. Il sort le portable de son sac et commence à parler en anglais avec un garçon... si j’ai bien distingué la voix de l’autre côté...
asiatique.
Je suspecte que c’est peut-être son copain chinois de Dalian. Et son timing n’est pas être plus parfait.
Après avoir fini cette conversation téléphonique, Monsieur. Y m’ explique que c’est un ami de bangkok qui lui demande des question sur le visa pour aller en France.
- Alors, tu sais que tu es un beau garçon... intelligent... et tu as un niveau excellent de français, attaque Monsieur avec ses compliments d’un air tout sincère.
- Je suis vraiment flatté, je lui réplique, la subi... sut... subtabili... subtilité de la langue française m’échappe souvent.
Merde, chaque fois je reçois des compliments sur mon niveau français, je deviens stressé. L’idéal serait que j’articule cette phrase complète « Merci, mais la subtilité de cette langue m’échappe
totalement » en gardant un sourir séduisant, et puis mon interlocteur va devenir tout ému sous ma modestie. Mais apparemment j’ai foutu mon moment de gloire devant un Français qui parle un français
parfait.
- Alors, je pourrais... rentrer avec toi à l’hôtel ? se renseigne Monsieur. Y subtilement.
- Je ne sais pas, c’est un... un petit hôtel... je ne sais même pas s’il reçoit des étrangers...
- Je comprends, réplique-t-il.
Monsieur. Y a mis aucune pression sur mes épaules. Soudain, je regrette un peu : pourquoi je refuse comme ça un graçon mignon qui est évidemment attiré par moi... ou mes pectos... n’importe. Deux
options s’étalent devant moi : soit rentrer à l’hôtel et branler devant les pornos américains pour la centième fois, soit passer la nuit avec un Français charmant aux yeux bleus, sans un avenir
promis. A moi de décider.
- Est-ce qu’on peut aller chez toi et prendre un café ? Je lui demande en pensant que « prendre un café » ne signife pas forcément « passer la nuit après ».
- Non, dommage ! Lance-t-il d’un ton faible, je dois partir à Hangzhou demain matin de bonne heure. Et j’ai deux collègues canadians chez moi. Nous allons partir ensemble en avion.
Monsieur. Y lance une surprise et attends ma réaction.
- Ben, pas grave. Je dois partir à ChongQing demain aussi le matin... par avion.
La raison que j’accepte de lui voir ce soir avant mon départ à ChongQing est que je n’ai pas prévu la suite de ce rendez vous, vu le fait qu’il est diplomate et il a un copain. Pourtant, je change
un peu l’opinion au cours de dîner. Tous les éléments de ce rendez-vous me manquent grave : un resto chic, des plats excellants, des serveurs bien aimables au resto, un bel interlocuteur éduqué et
intellectuel, un transport publique pratique et des taxieurs qui ne refuseraient jamais d’alle à la destination désirée. C’est ça, la vie. C’est ça, le rendez-vous que je désire.
Par contre, toutes mes rencontres en Algérie sont des sorties au café bruyant, promenade dans la rue en souciant des agressions, des aventures cachées dans la voiture...
- Alors, on se voit à l’aéroport demain matin, conclut-il en souriant.
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